Ambitieux
projet
Cap
Trinité: un site mondial
(Le
Quotidien)
(DC) - Le conseil d'administration de
la Société historique du Saguenay se réunira ce
soir, dans le but d'analyser un ambitieux projet concernant le cap Trinité.
Propriétaire du terrain sur lequel se dresse la célèbre
statue de la Vierge conçue par le sculpteur Louis Jobin en 1881,
cet organisme songe à en faire un lieu de pèlerinage susceptible
d'attirer les catholiques du monde entier.
«Ce
sera une assemblée spéciale. Nous consacrerons une soirée
entière à la statue et à son devenir», a
confirmé le président Lorenzo Beaulieu, hier, à
l'occasion d'une entrevue accordée au Quotidien. L'objectif consistera
à mieux définir les contours du projet, condition préalable
à la confection d'une étude que les gouvernements fédéral
et provincial auraient déjà accepté de financer.
Elle portera sur la nature des aménagements qu'il faudra réaliser,
en plus de préciser leur coût et l'achalandage qui pourrait
en résulter. Entre autres constructions, l'ajout d'un lieu de
rassemblement est envisagé, lequel favoriserait le recueillement,
ainsi que la tenue de cérémonies religieuses (il est question
d'un oratoire). L'accès au cap Trinité serait aussi facilité
grâce au concours de la direction du Parc du Saguenay.
«Elle est prête à améliorer les sentiers et
à nous accorder un espace à l'intérieur du pavillon
d'accueil, précise Lorenzo Beaulieu. Le refuge qui se trouve
sur un buton, au-dessus de la statue, ferait aussi l'objet de travaux
destinés à le rendre plus confortable, en particulier
pour les pèlerins qui voudront y séjourner à la
manière de ceux qui vont à Compostelle. Toutefois, il
n'y aura ni eau courante, ni électricité.»
Il n'est plus question d'aménager un téléphérique,
comme l'avait envisagé le député fédéral
de Chicoutimi-Le Fjord André Harvey. En revanche, il serait possible
de créer un service de navette qui, prenant appui sur un ancien
chemin forestier, aiderait les visiteurs moins alertes à se rendre
jusqu'à la statue. Pour l'admirer sous son meilleur angle, on
songe à construire une passerelle ou un belvédère.
Une étude rédigée par la Société
historique du Saguenay il y a quelques mois a permis d'établir
que le terrain de 92 hectares que lui avait cédé le gouvernement
du Québec en 1954, à la demande de Monseigneur Victor
Tremblay, devait être utilisé à des fins de culte.
Cette clause est cependant restée lettre morte, exception faite
de la messe célébrée à chaque année,
en août, dans le cadre de la fête de l'Assomption.
C'est pour redonner sa mission première au site, tout en suscitant
un achalandage accru, que le cap Trinité deviendrait un lieu
de pèlerinage. Pour y parvenir, ça prend des équipements,
ainsi qu'on l'a évoqué plus haut, mais aussi une programmation
soutenue et une vocation religieuse bien ciblée. A cet effet,
l'évêque du diocèse de Chicoutimi, Monseigneur Jean-Guy
Couture, a émis une suggestion fort appréciée.
«Quand je l'ai rencontré, le 12 mars dernier, il a été
emballé par ce projet. A ses yeux, il fera oeuvre utile pour
ceux qui entretiennent une dévotion pour la Vierge et pourrait
donner naissance à une thématique centrée sur les
mystères lumineux, note Lorenzo Beaulieu. Ceux-ci ont été
évoqués récemment par le pape Jean-Paul II et s'ajoutent
aux mystères du Rosaire que nous avons connus dans notre jeunesse.»
La restauration de la statue fait également partie du projet
concocté par la Société historique du Saguenay,
qui aimerait le concrétiser d'ici à 2009, l'année
du 75ème anniversaire de sa fondation. Faite de billes de pin
couvertes de feuilles de plomb, la Vierge de Louis Jobin a été
rafraîchie six fois depuis sa création, soit en 1913, 1948,
1977, 1983, 1988 et 1999.