Le 1er septembre dernier, l’ADPHB rendait hommage à Madame Julie Beaulieu et la  consacrait à titre de membre de l’Ordre des ainé(e)s Hudon dit Beaulieu lors d’une  rencontre familiale organisée par la famille à l’Hôtel du Jardin à St-Félicien pour  célébrer un peu à l’avance son 100e anniversaire. Voici sa petite histoire telle que racontée par sa fille Diane et renchérie par un texte de Pâquerette, cousine au 7e degré de Julie. Maman! 100 ans bientôt! Tout un parcours jalonné de joies, de peines! Mais, c’est ce qui a façonné la femme que tu es! Et aujourd’hui, tu es avec nous avec des yeux pleins de surprises, de  points d’interrogation et, je suis certaine, du plaisir de la découverte, de la  rencontre avec nous tes enfants, et les 2 générations qui suivent, mais  également parmi tout ce beau monde qui s’est ajouté à nous et que tu  n’attendais pas… Que dire de ma mère, de cette fière dame qui s’est réalisée, accomplie  dans l’éducation, d’abord de ses d’enfants puis d’un grand nombre d’autres qui aujourd’hui sont devenus grands-parents et même plus…je vais donc  m’attarder aux nombreuses expériences passées… J’ai peu d’infos quant à ma mère enfant...Troisième de la fratrie, elle suivait des jumeaux, donc pour le moment, famille de 4 à laquelle huit autres se  sont ajoutés… Alors, pour le quotidien, reste à s’inspirer des films d’époque et son petit côté “tout ce que l'on fait mérite d’être bien fait “ que l’on a entendu souvent… Toujours est-il qu’à 16 ans, elle veut devenir enseignante et poursuit ses études pour le diplôme de  l’époque. Un poste lui est offert dans la petite paroisse de Saint-Méthode, dans une école de rang, loin de chez elle (les distances ne se franchissaient pas si facilement à l’époque) avec plus de 25 élèves , de la 1re à la 7e année… La petite maîtresse accepte et se plie aux règles des commissaires, fait un bon  travail et pensionne à la maison voisine de l’école où demeurent quelques jeunes hommes, dont un,  en particulier...Hum! Un certain Thomas… L'année suivante, par souci des convenances, la Commission scolaire lui organise un petit appartement  connexe à son école… elle y fait son nid pour quelques années! Son jeune frère et sa sœur viennent même l’y rejoindre et deviennent ses élèves… Rien  n’arrête cette jeune enseignante, ni le froid l’hiver, ni l’aménagement un peu rustique, ni le manque de motivation de certains élèves… Quelques années passent et le beau voisin fait une cour assidue à sa belle, mais on n’oublie surtout pas les convenances... des comportements déplacés pourraient signifier un renvoi de la  jeune institutrice... Et nos tourtereaux se marient en 1940 et maman doit abandonner son emploi comme le veut l’usage et ira demeurer dans la maison familiale. On imagine mal aujourd’hui,  une jeune fille de 21 ans entrer dans une maison multigénérationnelle: à commencer par la mère de Thomas: ma grand-mère Marie-Louise, les fils de celle-ci et une petite fille, orpheline de  mère, Pâquerette, dont sa grand-mère prenait soin, son père travaillant en forêt… Mais c’est là que mes parents démarrent leur petite famille avec cette enfant qui deviendra complice des  leurs pendant plusieurs années jusqu’à ce qu’elle quitte pour les études à l'extérieur… Aujourd’hui, cette petite fille a rencontré son Léonce et est devenue grand-mère et arrière-grand-mère et elle a beaucoup de chagrin de ne pouvoir être présente aujourd’hui afin de partager  le plaisir de la rencontre avec vous tous. C’est pourquoi elle t’envoie maman un petit texte avec mandat de te lire… TEXTE DE PÂQUERETTE Eh oui! 4 enfants plus tard et maintenant tous d’âge scolaire...Ce besoin de se retrouver en classe  devant un groupe d’enfants désireux d’apprendre la tenaille… À l’exemple de ces femmes qui  prennent leur destinée en main pour s’accomplir, elle fait des démarches, mais...toujours dans les  règles! D’abord, le maître de la paroisse, le curé, à qui elle expose son désir de retourner au  travail…après un refus catégorique, il lui conseille plutôt d’agrandir sa famille! Pour ma mère,  retour à la case départ, à ce mal-être, à cette vibration que lui procuraient ces têtes d’enfants, les  yeux pétillants tournés vers elle et curieux d’apprendre… Heureusement, le président de la C.S. lui  offre un emploi dans une autre école du même rang... Elle accepte avec fougue, soutenue par mon  père, à condition d’y amener sa petite dernière… C'était moi! Et voilà, sa carrière reprend son  envol et la fera s’accomplir jusqu’à sa retraite au début de la soixantaine… Que de temps, d’énergie, de préparations de classe, de bricolages et à travers cela, les cours pour l’obtention d’autres diplômes... Souvent, nous étions mises à contribution...plusieurs têtes,  plusieurs mains facilitent le travail... Mais, cela n’a dérangé aucune de nous trois, car nous avons suivi le même chemin… Je ne sais pas si l’une de nous trois avons ressenti cette brûlure, ce  plaisir intense que ma mère manifestait dans son travail! La rupture avec l’enseignement fut difficile! Elle adorait son travail (entre nous, on disait qu’elle en mangeait…) Elle a marqué tellement d’enfants et il est encore fréquent d’avoir des  commentaires extrêmement positifs de ses anciens élèves! Elle est donc venue rejoindre mon père à la maison, retraité plus tôt, et à l’aise avec la routine domestique… Elle s’est refait une place, mais avec son aidant! Et ils se sont découvert des passe- temps : danse, s’occuper de leurs petits-enfants, bénévolat, du camping avec la famille, des voyages et…. la peinture, réalisation d’un vieux rêve de maman… Elle y met autant d’énergie, de  doigté que pour l’enseignement… Ses enfants, petits-enfants et quelques amis ont reçu de ses œuvres... Suffisait de manifester un désir et voilà, elle s’y consacrait! À l’écran, vous avez  sûrement dû voir passer quelques-unes de ses réalisations… Des ennuis de santé personnels et ceux également de mon père ont mis fin à cet intérêt… Femme de cœur, elle fut toujours présente pour ses enfants! Le départ de notre père fut un dur coup, mais une lumière, un projet pour se reconstruire: partir avec Cécile et Jean-Louis pendant  6 mois pour la Floride, et ce, pendant quelques années… C’est pendant ces années qu’elle fit la connaissance de Tom et Mimi (celle qui lui fit connaître les plaisirs de l’happy hour) auquel se  joignaient souvent Carole et Francine. Merci à vous 4 d’avoir aussi veillé sur notre mère. Maintenant le rythme s’est ralenti...mais elle est toujours heureuse de rencontrer ses gens, famille et amis et de les faire sentir irremplaçables… Continue à regarder devant Maman, nous t’aimons énormément... Tes enfants.